Nepenthes & Heliamphora

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 Le genre Heliamphora

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Sébastien
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Date d'inscription : 01/11/2006

MessageSujet: Le genre Heliamphora   Mer 1 Nov - 23:19




Voilà quelques conseils pour tous ceux qui comme moi sont tombé sous le charme de ce sublime genre, ou qui désirent simplement en apprendre plus !
Mon experience en la matière encore jeune est netement compensée par les recherches sur le net que j'ai effectuées, ainsi que par le nombre d'avis d'amateurs que j'ai collectés.
Bien sûr, chacun est libre de me faire des remarques quant au contenu de cette fiche, j'en tiendrais compte et je corrigerais. Il faut savoir que le genre est encore mal connu et que les avis divergent...
Mes propos seront illustrés par des photo de ma plante: une heterodoxa x minor.
J'espère que ça vous plaira !!!


Milieu naturel:
Toutes les Heliamphora sont des espèces qui prospèrent dans la région des tepuis en amérique du sud, en grande partie au Vénézuela. Les tepuis sont des hauts-plateaux de quartzite au sommet desquels les écosystèmes ont été isolés pendant des millions d'années, et ont donc évolué de façon différente, en tenant compte des conditions de vie très particulières de la région. Les Heliamphora poussent donc dans des lieux très difficiles d'accès, dans des marécages à environ de 2000m d'altitude. Là-bas, le soleil est particulièrement vif, et les températures faibles, le jour, elles dépassent rarement les 25° et la nuit, elles peuvent retomber à 5°, et ce en quelques heures. Les précipitations y sont de plus très importantes, superieures à 10m d'eau par an. Des zones propices à la flore se sont alors installées dans les dépression, mais le substrat y est très pauvre, d'où la carnivorité de certaines espèces.




Un peu d'histoire:
Le genre fut découvert par les frères Schomburgk en 1839, sa première description fut l'oeuvre de George Bentham en 1840. On donna à l'espèce le nom d'Heliamphora (venant marais (Helo), ensuite confondu avec soleil (Helio) + amphore en référence à sa forme et son exposition) nutans (= incliné en référence à ses hampes florales). Elle fut importée en Europe en 1881. Il a fallut attendre 1937 pour que d'autres espèces soient reconnues. Aujourd'hui, les expéditions continuent de découvrir de nouvelles formes dans ces lieux reculés, et il est bien plus que probable que de nombreuses restent à être découvertes. Je reparlerais des espèces actuelles au bas de l'article.




Morphologie:
Toutes les Heliamphora se ressemblent beaucoup. Les feuilles, enroulées en ascidies naissent du rhizome. Les pièges sont surmontés par une cuiller à nectar / opercule / bec, en général rouge vif et qui contient les glandes nectarifères tout en les protégeant de la pluie. Le mechanisme de capture est assez semblable à celui observable chez Sarracenia, à ceci près que comme chez Darlingtonia, la digestion fait intervenir des bactéries et non des enzymes.
Les urnes d'Heliamphora apparaissent à beaucoup comme primitives par rapport à celles de Sarracenia ou Darlingtonia. En effet, la soudure de la feuille y est beaucoup plus évidente, et l'on y retrouve des "pseudo-folioles" apparent, l'axe central étant prohéminent. Certains voient donc Heliamphora comme un ancetre des deux autres genres, ce qui est bien évidement faux puisque chacun a évolué.




Culture:

Substrat:
L'un des points de divergence des amateurs d'Heliamphora. Il doit être assez drainant. Trois types de substrat s'offrent à nous:
- 100% de sphagnum pur
- 50% tourbe et 50%: soit sable de quartz, soit vermiculite, soit perlite
- substrat similaire à celui utilisé pour les Nepenthes, mais qui est peu courant, je vous déconseille d'utiliser tel substrat avant qu'il soit officiellement reconnu comme efficace
Je me permets ici un point de vue personnel: la plante a l'air tolérante. Certaines personnes ayant utilisé le premier substrat on connu de graves problèmes. En effet, le sphagnum peut moisir en profondeur sans que cela ne soit visible en surface. Or, les Heliamphora sont très sensibles aux moisissures, qui, si elles touchent le système racinaire entrainent la mort de la plante en très peu de temps. De plus, le sphagnum ne pousse pas dans le milieu naturel du genre, donc ceux qui choisissent cette option ne le font pas à partir d'un fait naturel. En revanche, le sphagnum peut très bien être utilisé en surfaçage si l'on controle sa densité.
Un rempotage annuel est nécessaire dans tous les cas (sauf peut-être 50% tourbe, 50% sable) puisque les materiaux se déteriorent vite.




Luminosité:
Ici se trouve un paradoxe. La condition idéale semblerait être du plein soleil toute la journée, mais ce facteur, à moins d'habiter en altitude, n'est pas compatible avec le facteur vital des températures. Une bonne luminosité, sans plein soleil, semble donc être de mise. Le mieux reste l'utilisation des néons, mais il est tout à fait possible de cultiver des Heliamphora près d'une fenêtre plein sud, en faiant attention que le soleil ne les atteignent pas trop, voire pas du tout.



Températures:
La température doit rester fraîche le jour, en dessous de 30°, qui est le strict maximum. Cela montre le paradoxe avec la luminosité. Respecter cette regle est essentiel. Certains prétendent que la plante peut tenir jusqu'à 45° en présence d'une forte hygrométrie, et avec un hivernage aux températures basses (aux alentours de 5° minimum). On joue donc sur une periode de repos très efficace pour augmenter la tolérance de la plante.
Un facteur, pour certains non-obligatoire, mais pour tous la clé d'un développement harmonieux, et qui est, dans toute la liste le plus difficile reste l'archi-connue amplitude thermique jour-nuit. Il faut minimum 10-15°, ce qui est loin d'être évident. J'y reviendrait plus tard.
Attention, il ne gèle jamais dans leur milieu naturel, en conséquence de quoi la température nocturne ne pourra descendre au dessous de 5° sans prise de risque.

5°c <--------> 30°c


Hygrométrie:
Certains la voient tolérante, mais une carrence en hygrométrie tout le temps (en dessous de 60%) entraine des deformations des ascidies ainsi qu'une disparition de la cuiller à nectar. Mieux vaut trop que pas assez en résumé.




Autres facteurs liés à l'eau:
Arrosage: certains font des "trempes" de temps en temps, d'autres placent le niveau d'eau très haut, presque au niveau du haut du substrat (attention aux moisissures), enfin d'autres laissent une soucoupe comme pour les autres plantes, en drainant bien le fond avec 1 à 2 cm de sable de quartz. Je suis partisant du dernier cas.
Vaporisation: Elle est bénéfique, la pratiquer de temps en temps en prennant bien soin d'attendre que la couche précedente aie eu le temps de s'évaporer. 2 fois par jour semble être bien.
L'eau dans les urnes: Il est capital de remplir chaque ascidie avec de l'eau, et ce chaque jour, afin d'éviter les oublis. En plus, le niveau d'eau baisse très rapidement. L'eau est indispensable à la digestion bactérienne. Un oubli entrainera un déssechement de la cuiller à nectar. Par exemple, la plante que j'ai reçue de chez JJ Labat avait été endomagée pendant le transport, et en quelque sorte percées à la base. Les cuiller des ascidies en question sont aujourd'hui sèches (visible sur les photo).




Hiver:
On fait sensiblement baisser l'arrosage en diminuant un peu les températures et la durée de l'exposition lumineuse.

Engrais:
Quelques cultivateurs conseillent un peu d'engrai par vaporisation. La plante est en effet bien souvent confinée dans nos culture, donc sans insectes. Je serais plutôt pour mettre un insecte de temps en temps.

Remarque:
Les Heliamphora sont souvent vues comme un genre difficile. Je pense au contraire que les plantes sont "relativement tolérantes", pas le type de plante à mourir parce que la température est 3° trop froide quoi. En revenche, la réelle difficulté consiste en satisfaire toutes les conditions ci-dessus, c'est-à-dire fournir à la plante des conditions d'altitude tropicale alors que nous vivons souvent en plaine tempérée. Certaines espèces restent tout de même plus tolérantes (minor, heterodoxa, chimantensis) que d'autres (folliculata, tatei probablement plus difficiles). Les avis divergent sur nutans. Les hybrides sont encore plus tolérants, j'y reviendrais.

Problèmes observables liés à de mauvaises conditions de culture:
Voilà ce que j'ai pu constater:
-Les cuillers sechent: manque d'eau dans les ascidies
-Les nouvelles ascidies sont mal formées et sans cuiller: manque d'hygrométrie
-Les nouvelles ascidies sont évasées: stress passager dû à un changement dans les conditions de culture ou/et manque de luminosité
-La plante possede peu de coloration: manque de lumière
-Les nouvelles ascidies ont une petite cuiller à nectar: manque de lumière
-La plante, adulte, refait des ascidies juvéniles: stress passager


Multiplication:
Je ne m'étends pas: la multiplication sexuée est difficile puisque la fleur acquière la fonction mâle avant d'acquerir la fonction femelle. En tous cas, pas d'autofécondation. Je crois de plus que la germination est assez mauvaise. La méthode la plus simple est la division de touffe, car une plante bien cultivée fait des rejets en periode hivernale.




Le Vénézuela chez soi !
Il est évident que chacun devra trouver sa stratégie par rapport à la culture des Heliamphores. Le terrarium highland est exellent, de même que la serre froide. A défaut, on peut très bien faire sans: j'utilise actuellement une petite serre d'interieur à l'ombre, mais avec une luminosité convenable, et je sors la plante tous les soirs, ce qui lui fournit un amplitude thermique convenable. Attention quand même à ne pas descendre trop bas en fin d'Automne et début de Printemps. L'hiver, la mettre au garage la nuit.


Les espèces:

J'aimerais faire une dernière remarque: les Heliamphora sont lentes à la croissance. Cependant, cela dépend des espèces (minor et chimentensis sont assez rapides par comparaison avec nutans). Les hybrides poussent plus vite. Il est important de remarquer que les plantes restent un certain temps à l'état juvénile avant de passer adulte, cette durée semble être proportionnelle à la vitesse de croissance.
Les espèces existent sous plusieurs formes différentes en fonction de leur lieu de vie. Certaines deviennent des espèces à part entière, comme par exemple heterodoxa var. glabra devenue Heliamphora glabra.

Voir l'article: Les Heliamphora, leurs formes, leurs spécificités.

Les hybrides sont plus faciles, les plus communs sont heterodoxa x minor, heterodoxa x ionasii et heterodoxa x nutans




Pour obtenir plus de photos:
http://www.wistuba.com
http://www.humboldt.edu/~rrz7001/Heliamphora.html
http://www.indoorhouse.de/Heliamphora.html

Videos:
Sur les Drosera et Heliamphora:
http://www.pbs.org/wnet/nature/php/search.php?search=search&keywords=carnivorous&show_title=none&search=Search
Sur le milieu de vie: les tepuis:
http://www.pbs.org/wnet/nature/php/search.php?search=search&keywords=tepuis&show_title=none&search=Search

J'espère que ça vous aura plu !!!
J'attends vous remarques et vos questions

Sébastien
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MessageSujet: Re: Le genre Heliamphora   Mer 8 Nov - 23:06

ahhh!!! j'avais pas vu cette fiche!!!! cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers cheers trop merci seb!!!!!!
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